Dynamique d’une Hann nouvelle !

Au cours des trois dernières décennies, le monde a subi des changements économiques et
institutionnels (mondialisation, régionalisation, décentralisation) en laissant place à l’émergence
de nouvelles approches basées sur la notion de territoire. Ces nouvelles approches placent au
cœur de leur analyse la dimension spatiale du développement remettant en cause la notion très
réductrice de l’espace. Ainsi, Benko (1996) explique que l’espace n’est pas seulement un cadre
de localisation des agents économiques, mais qu’il est « aussi le cadre de l’émergence d’un acteur
économique particulier dont l’importance aujourd’hui est abondamment soulignée : le Territoire
» (Benko, 1996, p. 7). Le territoire s’affirme donc comme un espace de référence et le lieu où
s’identifie et se résout un problème productif jugé ou ressenti comme partagé par ses acteurs
(Pecqueur, 2000, p. 132). Le territoire devient un facteur déterminant dans le renouvellement de
la problématique du développement (Pecqueur, 2004). C’est par rapport à ces mutations et à ces
nouvelles considérations que les perspectives du développement local et territorial émergent.
Le développement local peut se définir comme un processus utilisant les initiatives locales à
l’échelle des collectivités comme moteur du développement économique. Il est considéré en tant
qu’émanation du local inversement au national, à travers une propulsion ascendante, dont les
acteurs se situent sur l’échelle de la sphère locale (Gouttebel, 2003). Il est une démarche
impliquée des relations que tissent les acteurs dans la proximité. Cette démarche contribue à
produire des marges de manœuvre nouvelles et permet d’expliquer que le territoire est le
niveau pertinent pour la réflexion et l’action économique.
Le développement est un processus de création, de rétention et de distribution des richesses sur
un territoire progressivement contrôlé par l’ensemble de ses habitants.
Il est avant tout un processus de mobilisation des acteurs locaux. Le développement d’un
territoire passe nécessairement par la mobilisation des acteurs de ce territoire autour des
projets communs. La mobilisation suppose une force cohérence entre individus et entre groupes,
une harmonisation des intérêts qui favorise l’intégration des initiatives de base.
Le développement local renforce l’identité et la cohésion socioculturelle, crée des espaces de
coopération, de dialogue, de réflexion et de création, et constitue également une alternative aux
modèles classiques de développement.
Le défi est d’expliquer les opportunités qu’offre le processus de décentralisation pour le
développement local, de renforcer la capacité de planification et d’y associer tous les acteurs.
L’efficacité de l’action publique locale dépend de la capacité des collectivités locales à élaborer
des véritables projets de développement informés et négociés avec les populations. La logique
d’une participation réelle des populations impose de les associer à la fois aux choix des objectifs
et des moyens appropriés pour leur réalisation. Il s’agit de faire participer toutes les parties
prenantes à toutes les phases intermédiaires (élaboration, exécution, suivi évaluation.)
Partant du fait que la décentralisation ne doit pas être une occasion de transfert de l’inefficacité
du niveau local, les municipalités en matière économique, sociale, et culturelle, jouent
essentiellement un rôle d’ordre organisationnel ; qui consiste à mettre à la disposition des
populations et des operateurs locaux un environnement favorable à leur épanouissement. Dans
ce cadre ont peut citer :
 L’amélioration des infrastructures (voies de circulation) et des équipements de soutien à
la production (gares routières, abattoirs, entrepôts, halles et marchés, zone d’activités
artisanales, etc.) ;
 La sécurisation de l’environnement général de la microentreprise en matière de
règlement des activités économiques, de fiscalités et surtout d’occupation de l’espace
(sécurité foncière).
Au delà de ces types d’intervention génératrices de recettes pour les municipalités, celles-ci
peuvent également jouer un rôle d’intermédiation et de structure d’appui capable
d’accompagner et de soutenir les initiatives locales de développement : aide à la création
d’entreprises, formulation de projets, aides dans la recherche de financement, fournir une
formation et une éducation fonctionnelles courtes mais permanentes.
Les communes sont aussi, par les commandes publiques (marchés publics) qu’elles lancent, un
agent de développement non négligeable de l’économie locale. Elles peuvent également offrir un
cadre de négociation à tous les acteurs de la vie économique locale (entreprises modernes,
chambre de commerce et d’industrie, chambre des métiers, etc.)
A coté de cela, elles (les municipalités) doivent produire les services publics qui s’inscrivent
dans leurs champs de compétences définies par la constitution et contenus dans la loi 2013-10
du 28 Décembre 2013 portant code général des collectivités territoriales.
Les points saillants de ces services sont :
 L’éducation préscolaire, primaire, moyenne et secondaire (mise en place une
bibliothèque municipale et un espace numérique ouvert, des salles multimédia dans les
écoles et Cem de la commune, la construction d’un lycée moderne) ;
 La santé communautaire (réfection les centres et postes de santé ainsi que leurs
équipements) ;
 La participation aux programmes régionaux des langues nationales ;
 La promotion des activités de production agricoles, pastorales, artisanales et piscicoles
d’intérêt communal ;
 La programmation du développement local ;
 L’assainissement et la protection de l’environnement ;
 L’aménagement de l’espace (surtout crée des espaces de jeux, d’épanouissement pour les
jeunes) ;
 La promotion et l’animation des activités sportives et de jeunesse ;
 L’organisation au niveau communal des journées culturelles, de manifestation culturelles
traditionnelles et concours littéraires et artistiques (réfection du centre socioculturelle);
 la création des foires et marchés ;
 la réalisation et l’entretien des infrastructures routières et de communication classée
dans le domaine communal ;
 la gestion domaniale et foncière ;
 la construction d’un stade municipal multifonctionnel ;
 l’aménagement du cadre de vie pour lutter contre l’encombrement et l’occupation
anarchique de l’espace communal ;
 veiller sur la propreté de l’environnement de la baie.

En résumé, nous pouvons dire qu’une fois tout ce rôle accompli, la commune de Hann bel air
devrait pouvoir atteindre ses objectifs de développement local qui suppose :
 que les populations aient une certaine maitrise et appropriation de leur espace ;
 que les ressources publiques de la commune, considérées comme une potentialité
énorme de développement économique et social soient utilisées de façon transparente et
équitable ;
 que les populations soient les plus associés (promotion de la participation et du contrôle
citoyen dans la gestion des affaires locales).
Une nouvelle vision pour Hann bel air est ainsi décelée avec un programme bien réfléchi qui est
inscrit dans un document stratégique et quinquennal de développement de la localité, conduit
par des acteurs locaux compétents dont leurs seuls soucis c’est de faire sur un délai raisonnable
une Hann bel air nouvelle en se basant sur les opportunités énormes (du point de vue de son
budget, son positionnement et ses relations à l’extérieur) de développement de la localité.
Nous pouvons dire qu’enfin, l’avenir de Hann est prometteur avec une nouvelle dynamique de
développement.
Ensemble, il est possible d’espérer une Hann nouvelle !
DJIBRIL DIOP, juriste, titulaire d’un master II en Droit Public
Président de L’ASC Montagne 6
Président du Collectif Pour la Défense des intérêts de Hann (CDIH)

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